Danielle RAPOPORT, de l’enfant traquée à la bien-traitance.

Portrait de Danielle Rapoport.

Le 25 juillet, à l’invitation de Jean-Marie BESSET, président du festival NAVA, CPJN était dans la salle de conférence pleine de Limoux pour entendre madame Danielle RAPOPORT.

Cette dame pétillante de 88 ans était de retour dans la ville audoise pour la première fois depuis 1944.

Elle venait conclure un cycle de mémoire entamé dans l’année scolaire avec les élèves de terminale du lycée limouxin Jacques RUFFIE.

Madame RAPOPORT est une sommité dans le domaine de l’attention à la petite enfance. Cette psychologue clinicienne infatigable, qui a diffusé le concept de « bien-traitance », et tant œuvré auprès des enfants et des éducateurs, a été une petite fille, traquée parce-que juive, cachée sous une fausse identité, et sauvée de la Shoah.

Elle le doit à une famille clairvoyante, et à un réseau de chrétiens résistants. 

A l’initiative de l’évêque de Toulouse sa mère et sa sœur avec elle ont été hébergées à Limoux par la congrégation des Sœurs de la Miséricorde dans le pensionnat de l’école Sainte Germaine. Danielle s’y appelait alors Odette, n’avait pas le droit d’appeler sa mère maman, car elle aussi vivait  sous une fausse identité, tandis que son père était lui résistant dans les   parages.

Sous la pression de l’occupant, avertie par les sœurs, la famille a réussi à échapper in extremis grâce au chef de gare.

Voila ce qu’était venue raconter madame Rapoport à Limoux ce 25 juillet, après avoir travaillé avec les élèves sur le sujet d’une enfance traquée et sauvée pendant l’occupation nazie.

Infatigable témoin, elle explique que sa vie s’est arrêtée à l’âge de six ans quand elle a vu partir ses grands parents dans la traction avant de la Gestapo, pour ne jamais les revoir.

 Ce traumatisme, cette enfance brisée, elle a passé son existence à tenter de l’éviter aux autres, par la psychologie, et par la transmission. Le seul mot hébreu qu’elle a employé dans la soirée était « Haïm » (la vie).

CPJN l’a rencontrée à l’issue de la conférence  pour saluer sa démarche, se réjouir de ce mot (la vie, avant tout, et malgré tout), et elle a reçu cet écho de sa communauté avec un bonheur qui donnait de la force.

L’histoire ne s’arrête pas là.

Monsieur BESSET sollicite CPJN pour tenter de retrouver l’identité de la mère supérieure et du chef de gare, pour monter un dossier de « Juste parmi les nations ». CPJN prendra sa part dans cette quête.

FB

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